Premier des régiments formés pendant la guerre qui ait gagné, par ses propres exploits, la fourragère à la couleur de l’Ordre de Léopold, le 19ème de ligne fut formé le 25 décembre 1916 par dédoublement du 13ème. Le lieutenant-colonel HOLLMANN en prit le commandement, et les 13ème et 19ème formèrent la 13ème Brigade d’Infanterie (4 D.A.).
Sitôt créé, le 19ème monte en première ligne, dans les secteurs de Ramscappelle (décembre 1916), de Boesinghe (mai 1917) et de Merckem (novembre 1917). Ce dernier mérite une mention toute particulière. Le terrain, pilonné par la puissante préparation de l’offensive française de l’automne 1917, n’est qu’une mer de boue formée par des trous d’obus jointifs, que les fantassins traversent en groupes de trois ou quatre hommes liés par une corde, sous peine d’enlisement. D’autre part, l’ennemi, qui craint de nouvelles attaques, tient nos troupes sous un feu d’enfer et tente de fréquents coups de main, notamment celui du 28 novembre 1917 contre le poste de l’Epernon, au cours duquel le 2ème bataillon du 19ème se distingue au prix de pertes particulièrement sévères.
En avril 1918, l’extension du front de l’armée belge amène la 10ème D.I. (4 D.A.) dans le secteur de Kortekeer, au sud de la zone de Merckem. Le 17 avril 1918 a lieu l’offensive allemande contre les 3ème et 4ème D.A. belges.
« Au cours de cette mémorable journée, le 13ème et le 19ème, occupant depuis quelques heures seulement une partie du front sommairement organisée, ont résisté victorieusement à l’attaque puissante et inopinée de l’ennemi. »[1] En souvenir de ce fait d’armes, le 19ème est autorisé à inscrire « Merckem » sur son drapeau.
Après avoir occupé le secteur de Dixmude, de juin à septembre 1918, le 19ème prend part aux deux phases de l’offensive des Flandres.
Première phase : 28 septembre.
Le 19ème constituant réserve du groupement d’attaque Nord, ses bataillons sont engagés dès le 29 septembre en renfort de différents régiments de la 1 D.A. dans la région de la forêt d’Houthulst. Leur belle conduite au cours de ces op&rations vaut au régiment l’inscription de « Zarren » sur son drapeau.
Deuxième phase : 14 octobre.
Le 19ème, initialement en réserve de division, est chargé d’effectuer, à partir du 15 octobre, la manœuvre décisive, consistant à s’emparer de la ligne ferrée d’Ostende à Thourout dont la prise forcera l’ennemi à évacuer la Flandre. Cette manœuvre est réalisée, les 15 et 16 octobre, par la conquête du Bois de Wynendaele, opération rapidement menée en dépit de la résistance acharnée des Allemands, qui ont compris, eux aussi, que l’enjeu de cette bataille est toute la côte belge.
Le 16 octobre, la partie est gagnée et, en souvenir de ses exploits au cours de ces glorieuses journées, le 19ème inscrira « Handzaeme » sur son drapeau.
A partir du 17 octobre, l’ennemi bat en retraite précipitamment, et le 19ème reprend sa marche en avant. Le 20 octobre, il est en ligne sur le canal de dérivation de la Lys, devant Meerendre.
Après dix jours de stabilisation sous un feu des plus meurtriers, les Allemands, contraints à un nouveau repli par les succès français devant Deynze, doivent évacuer leurs positions. Le matin du 2 novembre, le 19ème franchit le canal de dérivation et la Lys.
Le 11 novembre, l’armistice est signé, et, à travers la Belgique reconquise, le 19ème marche vers l’Allemagne, dont il franchit la frontière, le 2 décembre, pour aller monter la garde au Rhin.