Le 1er août 1914, par l’arrivée des réservistes, le 1er régiment de carabiniers se dédoubla pour former le 3ème carabiniers.
Lors de la première sortie d’Anvers, les 24, 25 et 26 août, ce sont les carabiniers de ces deux régiments qui formèrent l’avant-garde de la 6 D.A. C’est la première fois qu’ils se battent et tous remplissent leur mission avec héroïsme.
Du 9 au 12 septembre 1914 les carabiniers luttent avec vaillance à Wackerzeel, Werchter et la ferme Doremael. Hélas, les pertes sont lourdes et, après ces combats, il reste à peine un effectif suffisant pour reconstituer un seul régiment ; le 3ème carabiniers est donc dissous.
Le 29 septembre, le 1er C. combat encore à Sneppelaer et le 7 octobre à Berlaere. Au cours de la bataille de l’Yser, dès le 20 octobre, les carabiniers sont engagés à Oud-Stuyvekenskerke, à la borne 10 de l’Yser, et participent au fameux assaut de la boucle de Tervaete.
Durant la garde sacrée, le long de l’Yser, les carabiniers occupent, du 8-12-1914 au 14-2-1915, le secteur de Dixmude, puis, le 9 mars, passent dans le secteur de Noordschoote-Steenstraete.
Le 1er C. défend âprement la position avancée de Drie-Grachten, et le IIIème bataillon prend part à la bataille de Steenstraete au début de laquelle, pour la première fois, les Allemands firent usage des gaz asphyxiants.
Après un très court repos, les carabiniers remontent en ligne du 6 août au 15 décembre 1915 dans le secteur de Dixmude, devenu très meurtrier par suite des épouvantables combats à coups de bombes.
Du 19 janvier au 22 décembre 1916, les carabiniers organisent et occupent le secteur de Nieucappelle. A la fin de l’année, par suite de l’arrivée de renforts, on reforme le 3ème régiment de carabiniers, puis, durant trois semaines, les deux régiments vont manœuvrer au Camp du Mailly. De retour au front, du 9 février au 3 mai, les carabiniers gardent le dangereux secteur de Steenstraete – Het Sas, occupation pénible par le froid intense de cet hiver très rigoureux et les longues gardes de 24 heures dans les tranchées de première ligne dénommées « tranchées A ».
Le 4 mai, sans repos, les carabiniers repassent dans le secteur de Nieucappelle et se signalent par une série de coups de main qu’ils dirigent sur les positions ennemies de Woumen.
Après une courte période de repos, le 7 février 1918, les carabiniers remontent en ligne dans l’important secteur de Nieuport, tandis que les carabiniers du 3ème régiment se couvrent de gloire à Nieuwendamme en repoussant de puissantes attaques ennemies. Le 9 août 1918 les carabiniers vont prendre leurs emplacements pour l’offensive dans les secteurs de Woesten et de Brielen.
Plusieurs opérations obtiennent un brillant succès et les postes ennemis des Fermes Denain, du Chien, et Régina Cross restent au pouvoir des carabiniers du 1er C., tandis que ceux du 3ème C. s’emparent des fermes Van Acker, Ferdinand et Bon Gîte.
Au cours de l’offensive des Flandres, les carabiniers, dans un élan magnifique, se ruent sur les positions ennemies qu’ils enlèvent de haute lutte, s’illustrant particulièrement à Westroosebeke et Rumbeke. A l’offensive du 19 octobre, le Colonel B.E.M. Bremer, commandant le 1er C. est tué à la tête de son vaillant régiment.
L’héroïque conduite des carabiniers pendant la guerre leur valut l’insigne honneur de porter désormais le titre de « Carabiniers Prince Baudouin » et de voir leurs drapeaux cravatés de la fourragère de l’Ordre de Léopold.
CORVILAIN,
Capitaine de réserve du 1er Carabiniers.