Le 20ème régiment de ligne a été formé le 27 décembre 1916 par dédoublement d’unités du 10ème de ligne et par l’adjonction d’une compagnie du 12ème de ligne. Ces unités avaient déjà fait leurs preuves au cours de vingt mois de campagne, d’une part à Namur, où elles eurent l’honneur de tenir une partie du secteur le plus exposé, s’étendant entre le fort de Marchovelette et la Meuse, à Termonde et au cours de la bataille de l’Yser, aux combats de Beerst et de Keyem.
En 1915 et 1916 ces unités avaient occupé successivement les secteurs de Pervyse, Nieuport, Drie Grachten, Boitshoucke, Dixmude et Ramscappelle.
Le 10ème et le 20ème constituant la 10ème brigade continuent à assurer la garde du secteur de Ramscappelle jusqu’au 19 mars 1917, ensuite du secteur de Boesinghe-Steenstraete jusqu’au 7 juillet 1917.
Après un repos dans la région de Gravelines, le régiment reprend sa garde aux tranchées : du 19 au 30 novembre 1917 dans le secteur de Luyghem, terrain reconquis par le 36ème C.A. français pendant l’été de 1917. A partir du 6 décembre 1917, le régiment relève une partie du 36ème C.A. français dans le secteur de Bixschoote, il s’y distingue par des patrouilles ramenant des prisonniers et par des travaux pénibles d’organisation du terrain qui devaient faciliter les opérations de la 3 D.A. lors de la bataille de Merckem (17 avril 1918). Le régiment quitte le secteur de Bixschoote le 11 février 1918, relevé par le 12ème de ligne. Le régiment occupe dans la suite le secteur mouvementé de Woesten-Weidendreft (20 avril 1918 au 27 mai 1918) et s’y distingue par la capture de prisonniers.
Du 26 juin au 20 septembre 1918 le régiment occupe le secteur de Dixmude et y fait des prisonniers.
Le 28 septembre, le régiment part à l’offensive libératrice, franchit le Steenbeek, s’empare du château de Blanckaert, occupe Clercken et s’installe le 29 dans Zarren après avoir fait de nombreux prisonniers et pris un butin considérable.
Le 14 octobre, le régiment participe brillamment à la bataille de Thourout-Thielt, s’y distingue au pont d’Aersgat sur le canal d’Handzaeme où il capture plus de 500 prisonniers, s’empare de la ferme Sabbe, charnière importante de la position ennemie, dépasse largement Handzaeme et joue un rôle capital dans la réalisation de la « manœuvre de Thourout » due à l’initiative hardie du Général Michel, le glorieux défenseur de Namur.
L’aube du 16 octobre marque la défaite allemande : sur tout le front du 20ème l’ennemi est en retraite.
La poursuite rapide commence et amène nos troupes jusqu’au canal de dérivation de la Lys où l’adversaire fait front. Le régiment s’y distingue dans la prise d’Overbroek, ultime et glorieux combat livré dans la journée du 23 octobre 1918.
Le drapeau du glorieux 20ème, actuellement dissous, repose au Musée de l’Armée auréolé de cinq citations : NAMUR, TERMONDE, YSER, ZARREN, HANDZAEME, et de la fourragère à la couleur de l’Ordre de Léopold.
Major B.E.M. M. René WILLEMS,
Ancien Adjudant-Major du Régiment.