3ème régiment de Lanciers

Historique

 

Le 3ème Lanciers fut constitué le 24 octobre 1830 sous le nom de « 1er régiment de Cuirassiers », mais sa véritable origine remonte à 1814. A cette époque, en effet, fut créé par l’autorité autrichienne un corps de troupes dit « Légion Belge », dont fit partie un régiment de cavalerie lourde dénommé « Carabiniers belges ». Lorsqu’en 1815, nos provinces furent réunies à la Hollande, la Légion fut incorporée dans la nouvelle armée des Pays-Bas et les carabiniers belges prirent le nom de « régiment de Carabiniers n° 2 ». C’est sous ce nom qu’ils combattirent avec honneur à Waterloo. Devenus, en 1816, Cuirassiers n° 2 », ils le restèrent jusqu’en 1830. Lorsque les nombreux Belges qui y servaient quittèrent, à ce moment, le service hollandais, ils formèrent le noyau du nouveau « 1er Cuirassiers belge ». Les cuirassiers ayant été supprimés chez nous en 1863, le régiment prit désormais le titre de « 3ème régiment des Lanciers », qu’il porte encore de nos jours. Ce corps est donc un des plus anciens de notre armée.

 

Dignes de leurs aînés de Waterloo, les lanciers de 1914, surent, dès le début des hostilités, faire honneur à leur vieil étendard. Le régiment, alors commandé par le colonel A.E.M. Hagemans, constituait la cavalerie divisionnaire de la 1 D.A. (Gal Bernheim). Du 4 au 9 août, il se signale par le vif mordant de ses éléments de reconnaissance, qui sillonnent sans répit les plaines de la Gette, moissonnant renseignements et prisonniers. Le 10 août, porté en soutien de ses reconnaissances, sur la Petite Gette, au-delà des avant-postes d’infanterie, il soutient vaillamment pendant un demi-jour, le choc impétueux du gros de la 2ème division de cavalerie allemande. Infligeant à l’ennemi, outre ce retard appréciable, des pertes sanglantes, il laissa lui-même sur le terrain 29 morts, dont 3 officiers et 24 blessés, dont 2 officiers. Les historiques de guerre allemands rendent un unanime hommage à la ténacité de leur adversaire.

 

Jusqu’au 20 août, opérant aux arrière-gardes de la 1 D.A. en retraite et sans cesse au contact, le 3ème Lanciers se replie vers Anvers. Il participe, aux opérations livrées autour de la position fortifiée, non seulement par ses contributions aux sorties offensives, mais aussi par l’envoi quotidien de reconnaissances et de patrouilles au profit des différents secteurs de défense.

 

Précédant de quelques jours l’exode général de l’armée, d’Anvers vers les Flandres, le 3ème Lanciers prend une part active à la protection de la base secondaire d’Ostende. Il prélude, le 18 octobre, à la bataille de l’Yser, en livrant aux têtes de colonne allemandes, les vifs combats de Saint-Pierre-Capelle et de Leke, où, côte-à-côte avec les lanciers, se distinguent particulièrement les voitures blindées et la Cie cycliste divisionnaire.

 

Placé en réserve de Division, au cours de la tragique bataille d’arrêt, le 3ème Lanciers y contribue par la mise en ligne de ses deux uniques sections de mitrailleuses.

 

Puis vient la période de stagnation, au cours de laquelle, jusqu’en septembre 1917, le 3ème Lanciers, toujours attaché à cette ferme 1 D.A., dont il a suivi les vicissitudes et les gloires depuis trois ans, « roule » avec ses frères fantassins, pour le dur, boueux et sanglant service de la tranchée. Les chevaux sont relégués aux cantonnements, mais l’espoir n’est pas perdu de les enfourcher à nouveau, au grand jour de la « percée ».

 

Mais il faudra attendre septembre 1918 !

 

Avant cette date –en septembre 1917– le 3ème Lanciers a été scindé en deux fractions, constituant chacune « groupement léger de D.A. », le 1er groupe restant à 1 D.A., le 2ème passant à 2 D.A.

 

Avec chacune de ces divisions, les groupes jumeaux, après encore quelques montées en ligne, participeront, dès le 28 septembre 1918, aux deux offensives libératrices des Flandres.

 

Nouveaux lauriers, nouveaux sacrifices ! Guettant, la bride au bras, la moindre brèche dans le mur adverse, les lanciers s’élanceront, mais ils manqueront de champ ! Sitôt rompu, sitôt sera rétabli le contact et, aux côtés de nos fantassins dont l’élan forcera l’hommage de nos alliés, tombera sur la même ligne plus d’un cavalier : à Handzaeme, à Oostkamp, sur le canal de la Lys, …

 

L’armistice du 11 novembre détruit à jamais leur espoir en cette poursuite si longtemps rêvée : mais c’est la Victoire.

 

Le 3ème Lanciers y aura contribué en offrant au pays la vie de 112 de ses enfants (7 officiers, 21 gradés et 84 trompettes et cavaliers) et le sang de plusieurs centaines de blessés.

 

Major B.E.M. Lucien Deleuze,

Ex-chef de peloton du 3ème Lanciers de 14-18.