Le 6 mars 1918, à 5 heures, les Allemands, après une préparation minutieuse et un entraînement spécial de plusieurs jours, déclenchèrent l’attaque des positions de Reigersvliet, au nord de Dixmude, occupées par 210 hommes du 5ème Lanciers, sous les ordres du Commandant Brennet.
Le bombardement, préliminaire à l’attaque, fut extrêmement violent ; les misérables petits abris, construits dans les terrains détrempés et humides, furent rapidement mis en pièces ; les communications téléphoniques coupées.
Les colonnes d’assaut allemandes, composées de stosstruppen choisis dans 3 régiments différents, s’étaient glissées, à la faveur du bombardement, contre nos réseaux de fil de fer barbelés et y avaient pratiqué des coupures. Elles s’élancèrent bientôt en avant. Les petits postes, assaillis de tous côtés et au trois-quarts démolis par le bombardement, tombèrent entre les mains de l’ennemi, après des luttes épiques allant jusqu’au corps à corps et au coup de poignard.
Mais la Grand’garde, occupée par quelques hommes et une mitrailleuse, résiste.
A 6 h.30 arrive un secours inespéré ; les patrouilleurs de la D.C. (5 hommes par régiment de cavalerie et bataillon de carabiniers cyclistes). La contre-attaque est décidée, un contre vingt ; mais il faut se donner de l’air et en imposer aux Allemands. Une poignée d’hommes s’élance dans la tranchée que les Allemands avaient conquise à cent mètres dans la G.G., y capture 19 Allemands, 1 mitrailleuse et s’y installe.
Ce fut le commencement de la victoire, que les chasseurs à cheval alertés, devaient achever par une contre-attaque bien menée qui leur coûta peu de pertes.
Par contre, le 5ème Lanciers avait été durement éprouvé.
Pertes officiers : blessés (2), disparus (2 dont 1 blessé).
Soldats tués dans nos lignes (11) : blessés (41).
Disparus (112, y compris tués et blessés dans les lignes occupées par les Allemands).
39 hommes sur 210 rentrèrent au cantonnement de piquet au soir de la bataille.
21 citations individuelles attestent de la valeur des défenseurs de la Grand’garde de Reigersvliet le 6 mars 1918.
Sa Majesté le Roi autorise le 5ème Régiment de Lanciers à inscrire sur son étendard le nom
REIGERSVLIET
« pour commémorer la belle conduite au combat du 6 mars 1918. »