T.S.F. militaire

Historique

 

Le service de la T.S.F. militaire fut créé en février 1915, à l’initiative de M. de BROQUEVILLE, par le Commandant A. E. M. WIBIER, Directeur général de la T.S.F./Congo, qui disposa, pour commencer, d’une dizaine d’opérateurs et d’ingénieurs et de trois postes de T.S.F. sur roues existants aux Télégraphistes.

 

Dès mai 1915, on installa les premiers postes portatifs dans les tranchées de première ligne et les premiers postes émetteurs à bord des avions.

 

Puis, de réorganisation en réorganisation, la T.S.F. militaire vit se créer, en septembre 1915, les sections de T.S.F. divisionnaires, transformées en pelotons en mai 1916, cependant qu’en janvier 1917 le peloton de T.S.F. du G.Q.G. devenait une grosse compagnie qui fut dédoublée en juin 1918.

 

Et à l’offensive libératrice, plus de 1.500 techniciens et opérateurs, desservant plus de 600 postes, tous construits dans les ateliers du service, étaient dispersés dans tous les secteurs du front.

 

Tout le long des tranchées, on pouvait rencontrer les frêles petites antennes en bambou des postes portatifs et les boîtes de T.P.S.

 

Pas un raid, pas un réglage de tir, pas un déclenchement de tir de représailles ne se faisait sans l’aide de la T.S.F., dont tout le monde réclamait le concours. Il ne se passait pas de semaine, que les équipes des postes d’écoute ne franchissent les parapets pour aller, dans les barbelés allemands, planter leurs prises de terre indiscrètes, ramasseuses de communications téléphoniques indisciplinées.

 

Au moment de l’offensive de septembre 1918, tous les postes soigneusement étudiés en vue du mouvement, se portèrent en avant, pour permettre aux unités et aux Etats-majors de communiquer, sans attendre l’installation des fils.

 

Dans leur rapide progression libératrice, les divisions d’armée furent même suivies par les postes radiogoniométriques qui, jour après jour, purent déceler les modifications dans l’ordre de bataille ennemi, et surprendre les messages allemands révélateurs de leurs mouvements et souvent de leurs intentions.

 

Enthousiastes, remplis de foi, ignorant la fatigue et le danger, souvent abandonnés à eux-mêmes et trop souvent oubliés, opérateurs, monteurs, écouteurs, techniciens, ingénieurs poussant partout leur matériel et leurs installations aussi loin que possible en avant, montrèrent en 1918 ce qu’une armée peut demander à la radioélectricité et créèrent au service nouveau, que les progrès de la science avaient permis d’organiser, une tradition qui restera celle du Bataillon de T.S.F. des Troupes de Transmission, dont toute la fierté sera toujours de servir les autres armes.

 

Raymond WULFFAERT

Secrétaire de la Fraternelle d la T.S.F. Militaire de la guerre 1914-1918.